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Mardi 29 mars 2005

Interview des fous furieux suisses de LOST SPHERE PROJECT!! Des ptits gens sympas qui aiment bien la bière. Groupe de scène par excellence, il faut le voir pour le croire. Du bon chaos pour tes oreilles comme on dit! With love.

 

D’abord est-ce que vous pouvez me présenter le groupe ? Qui fait quoi ? D’où vous venez ? Qui, quand, comment, votre parcours… vos motivations. Et pourquoi vous faites ça les gars ???

 

Mathieu : Alors on est donc LOST SPHERE PROJECT, nous sommes quatre dans le groupe, Diogo qui gratte, Bruno qui basse, Bastien qui blast et moi, Mathieu, qui braille. On est de Genève, en Suisse (ou bien !) et nous existons, sous cette forme, depuis environs deux ans. Le groupe s’est formé courant 2001, mais il y avait un autre chanteur avant. Comme il n’était pas super sérieux ils m’ont proposé de rejoindre le groupe, ce que j’ai fait en février 2003. Depuis, nous avons fait pas mal de concerts, une bonne cinquantaine, principalement en Suisse, en suisse-romande comme en suisse-allemande, ainsi que cinq dates en France. Nous avons sorti en juillet de l’année passée (2004) un premier ep 6 titres nommé « Prelude », qui a été produit par PTR et qui nous a permis de trouver pas mal de dates en dehors de Genève. Depuis on boit plein de bières et on rigole bien…

 

J’ai vu que vous étiez en tournée il n’y a pas très longtemps… D’ailleurs je vous ai vus à l’Usine (à Genève, chez vous) en première partie de Breather Resist, et je dois dire que vous avez tout couché ce soir là ! Comment s’est passée cette tournée ? Des grosses péripéties ? L’aventure ? Des tensions ? Est-ce que c’était hard à préparer ou bien est-ce que vous avez un « manager » pour tout ça ?

 

Mathieu : Ben merci pour le couchage, c’est vrai que cette date au Kab fût particulièrement bonne (ah tu es bonne !!!)… Dans l’ensemble ça c’est assez bien passé, hors mis le fait que le quatrième soir, à Saint-Gall, on a perdu notre bassiste dans des circonstances assez étranges : en effet, en sortant pour aller pisser, le malheureux à chût sur une plaquette (c’est une petite plaque) de verglas devant la salle (en fait, le local de répète du premier groupe de la soirée, Moments of Despair)… Conséquence directe, une bonne entaille dans la paume de la main et un tesson de verre dans le coude… Bonheur quoi. Après un raffistolement à l’hôpital du coin, points de suture et compagnie, il dû, à contre cœur, retourner sur Genève afin de préparer sa convalescence (rires) ! Nous avons donc continué le délire à trois, comme les blues-brothers (rires), sauf qu’eux ils étaient deux !... Pas de tensions particulières, plein de rencontres formidables (Wreckless Conduct, Moments of Despair, Breather Resist, Ed et son clignotant, Rookie Rock Radio) et plein de gens sympas.

 

Bruno : Boire bière quoi… Pour l’organisation du tour, comme depuis nos débuts en faite, on se manage tout seuls. Certaines personnes montrent quand même de l’intérêt pour nous et nous bookent volontiers des shows par chez eux. On pense à Rebecca de Zürich, Dimitri à Bâle, Guy et l’équipe des Ardennes (on y croit.), Alex de l'Usine, Chris, Etienne et toute la compagnie en faite, t’as qu’à lire le tour report… (rires). Spécial dédicace d’ailleurs à Christian des Alien-8 pour nous avoir supporté sur la route pendant tout ce temps, parce que ça devait franchement pas être évident (cent dix neuf kilomètres à pied, ça use, ça use, cent dix neuf kilomètres à pied, ça use sous les pieds…)… Bref, c’était quand même pas évident à mettre tout ça en place mais bon, on se plaint pas.

 

Je vous avais vus à Charleville aussi quelques jours avant l’Usine, et je voulais savoir aussi si vous preniez des trucs avant de jouer ? C’est l’hystérie totale lorsque vous montez sur scène ? Est-ce qu’il vous est arrivé des accidents ? Vous foncez sur le gens, vous vous jetez des scènes, votre chanteur joue à Matrix à chaque concert. Il doit bien arriver des trucs des fois non ??

 

Mathieu : Oui alors nous sommes totalement toxicos. Mon truc à moi c’est le speed, pratique car pas cher, pas de descente désagréable et une super patate pendant deux heures.

 

Bruno : Moi c’est plutôt space-cake. Pour une montée lente mais efficace… Question redescente, je préfère ne pas en parler…

 

Mathieu : Non, plus sérieusement, à part la bière on prend rien de spécial avant un concert, peut être un joint ou deux mais sans plus.

 

Diogo : Voire trois ou quatre en fait… (rires)

 

Mathieu : L’adrénaline monte toute seule une fois le show commencé et c’est tout ce qui nous file la pêche. Sinon il nous est en effet arrivé quelques petits incidents lors de nos concerts, genre j’ai déjà bouffé du manche de basse deux fois, dont une assez brutale vu l’hématome que je me payais au coin de l’œil… A part moi, le petit Bruno à bien du coucher cinq ou six personnes. La plus belle fût à Grandson au festival de la Beuse (Yverdon)… On ne l’a su que plus tard mais le mec chiait sur le festival, comme quoi il n’y avait que du punk, que ça ne bougeait pas et qu’il se faisait chier. Après s’être ramassé le pain, il était tout calme paraît-il… (rires) Il a aussi ouvert la main d’une miss (trois points de suture) lors de notre précédent concert à l’Usine.

 

Bruno : Toutes mes condoléances... C’est vrai que le tableau de chasse est déjà bien rempli, on a fêté le 11ème au Ned à Montreux ! Depuis, je sais pas trop ce qu’il m’arrive, j’ai de la peine à viser, je crois, ça fait depuis octobre que j’ai chopé personne… (rires) Non sérieusement on fait pas exprès d’assommer les gens qui viennent nous voir. Je tiens d’ailleurs encore à m’excuser auprès de ceux que je n’ai pas eu l’occasion de recroiser et ceux que j'ai revus depuis et avec qui j'ai discuté…

 

Bastien : Le pire c’est quand même quand le bassiste se fracasse la gueule tout seul…

 

Il va peut-être falloir penser à voir un exorciste les gars… Au vu de tous les concerts que vous avez fait ces dernières années, la scène a l’air d’être quelque chose de plutôt important à vos yeux. Est-ce que je me trompe ? Ça vous apporte quoi de grinder comme ça en live ?

 

Mathieu : Il est clair que l’étape de la scène est la plus importante à nos yeux. Partager une émotion vivante est l’essence même de la musique, je pense qu’elle est faite pour être jouée live, c’est là que le côté sincère du truc ressort vraiment. En live il n’y a pas d’artifices, pas d’arrangements, et encore moins de moyens de camouflage. Perso, cela m’apporte un calme nécessaire à la vie de tout les jours, c’est un exutoire énorme, une manière de canaliser et d’évacuer toutes les énergies, quelles soient positives ou négatives… Je ne pense pas qu’on serait aussi calmes que ça dans la vie si nous n’avions pas le groupe.

 

Bastien : Bien dit.

 

Votre musique est quand même assez complexe, ça fait du bien de voir des groupes qui font autre chose que de la moshpart. Vous faites pas dans le bouge-têtes quoi. C’est pas accessible au dernier des cons ; est-ce que vous sentez que ça déroute les gens ?

 

Mathieu : C’est sûr ! Mais c’est ça qui est bon ! Personnellement je suis content d’être dans un groupe qui propose quelque chose de sensiblement différent par rapport aux autres groupes de la scène métal/hardcore. Faire bouger des têtes c’est cool, mais si tu parviens à ce résultat en ressassant une recette utilisée depuis des lustres et par tout le monde c’est chiant… Cela dit, plein de groupes se complaisent dans cette démarche et je ne les dénigre pas, c’est juste pas du tout notre délire.

 

Bastien : Je pense qu’une moshpart, utilisée à bon escient, une fois de temps à autre, peut très bien passer.

 

Bruno : Perso je m’en fous, tant que ça blast.

 

Diogo : Sauf que les moshpart ça blast pas… ça wind-mile.

 

Bastien et Mathieu : Oui chérie… (rires)

 

Bruno : Bref, c’est certain que ça déroute les gens. Mais il faut dire qu’on se soucie pas vraiment de ce que les gens pensent. Et du moment que t’acceptes que le plus important dans la vie c’est l’amour, bah tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. (rires en solo)

 

Ok, alors vive l’amour. Est-ce que vous avez des échos ou bien tout le monde s’en branle de ce que vous faites, tout le monde vous déteste ou bien ça va ?

 

Mathieu : Ben au début il est vrai que plein de gens nous chiaient dessus, surtout à Genève, par derrière évidemment. Ils se demandaient pour qui on se prenait à nous jeter par terre, à foncer sur le public, ils disaient qu’on ne savait pas jouer, que c’était le bordel le plus total (euhh ce qui est le cas selon moi…) et, surtout, qu’on se la jouait… Que des remarques super constructives en somme… On s’en est toujours branlé de ce que pensaient les autres, on fait notre truc et c’est tout. Si les gens adhèrent c’est cool, autrement on s’en branle. Il faut dire quand même que l’on commence à avoir un public, qu’on revoit plein de gens de concerts en concerts, et ça c’est cool !

 

Bastien : Etrangement, une partie des gens qui nous crachaient dessus avant nous supportent maintenant qu’on « win ».

 

Diogo : De toute façon on s’en fout, ceux qui suivent, ils suivent, ceux qui suivent pas tant pis pour eux.

 

Concernant la scène genevoise, ça a pas l’air très réveillé par chez vous… Il y a pourtant pas mal de groupes de qualité non ? Vous en pensez quoi ? J’ai vu pas mal de concerts par chez vous, et j’ai l’impression que c’est de pire en pire. Personne se bouge aux concerts ou est-ce que c’est une illusion ?

 

Bastien : Joker ! (rires)

 

Diogo : La scène hardcore est moins présente qu’avant. Par contre il y a une nouvelle scène qui apparaît, genre death metal.

 

Bruno : C’est vrai qu’il y a une chié de soirées, concerts et compagnie par chez nous, mais malheureusement beaucoup de gens ne se bougent pas lorsqu’ils ne connaissent pas les groupes qui passent. Beaucoup de personnes se complaisent dans leur style et ne prennent pas la peine de se bouger, c'est dommage et à long terme il y aura de moins en moins de soirées. Pourtant beaucoup d'assos se créent et se démènent pour organiser des concerts sympas mais si les gens se bougent pas c'est évident qu'elles courent à leur perte. On peut pas éternellement bouger son cul pour faire monter des groupes si les finances ne suivent pas. Il faut un minimum d'argent pour tourner et on peut pas éternellement tout mettre de notre poche, on est pas tous milliardaires!

 

Diogo : On ne prend plus le temps de découvrir des nouvelles sonorités, c'est clair. Mais il y a quand même certains gens qui prennent la peine de se bouger, et ça c'est cool.

 

Autre question, est-ce que la scène squat fonctionne encore en Suisse ? Comment réagissent les politiques par rapport à ça ?

 

Mathieu : Du point de vue politique je ne peux pas te répondre car c’est un sujet auquel je ne m’intéresse pas vraiment. Maintenant je sais quand même que la belle époque de tolérance est passée, plein de squats sont évacués pour des raisons futiles, histoire de calmer l’opinion publique… Par contre du point de vue « esprit », la scène alternative est plus vivante que jamais, surtout en suisse-allemande. Lors du tour, nous avons joué au Kuzeb, un squat à Bremgarten, où l’organisation interne est hallucinante. En plus de la salle de concert, il y a un resto, une salle de cinéma et même un skate-park indoor, un truc terrible, monté par les squatters eux-mêmes ! Les squatters se sortent réellement les pouces du cul pour faire avancer leur cause et je trouve ça vraiment bien. De plus, cela permet à des groupes comme le nôtre de jouer assez souvent et presque partout…

 

Et vous en êtes où question projets ? Est-ce qu’il y aura un après «Prelude» ? Un album, des compiles, des collaborations ? Une nouvelle tournée en préparation ? Est-ce que vous avez un plan pour conquérir le monde ?

 

Mathieu : Alors au jour d’aujourd’hui, l’enregistrement de notre nouvel album est quasiment terminé. Il nous reste à le mixer et le masteriser, je pense qu’on va faire ça courant mars/avril. Il s’intitule « Paradoxal Dreams », il contient quinze titres, huit titres de hard et sept interludes éléctro/bruitistes fort sympathiques selon moi… On espère trouver un ou plusieurs labels qui voudraient le publier, et de ce fait le sortir assez vite pour éviter le plan du « Prelude » qui à été enregistré mi-2003 et qui est sorti officiellement un an plus tard, ce qui est beaucoup trop long… Si on ne trouve rien on le sortira en autoproduction. Sinon on bosse sur un projet de split avec nos amis gaulois de Ed Warner’s Cage, pour l’instant ce n’en est qu’au stade de la discussion mais j’espère qu’il sortira encore en 2005. On devrait y mettre deux titres chacun, plus une reprise de l’autre groupe. De plus, nous projetons de repartir sur la route en automne avec les collègues de Mumakil, on voudrait faire ça sur deux semaines et étendre le truc à l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne et, pourquoi pas, l’Europe de l’Est. Comme tu le vois, on ne chôme pas !

 

Diogo et Bruno : Boire bière quoi ! Voilà notre plan pour conquérir le monde. (rires)

 

Carrément ! Merci les gars pour les réponses. Le mot d’la fin est pour vous, lâchez tout !

 

Mathieu : Ben merci à toi pour l’intérêt que tu portes à notre orchestre, ça fait plaisir, d’autant plus que c’est assez rare, donc ça fait encore plus plaisir… N’oubliez pas que l’important dans la vie c’est l’amour, la bière et le rock’n’roll !!!

 

Bruno : Merci au verglas et vive la bière et les Ardennes et le train tout seul ça le fait à mort. Bisous au Yperitt, bonne suite à toi et vive l’amour.

 

Diogo : Bruno sucks, vive le verglas et les concerts à trois. Et merci à toi pour ton interview.

 

Bastien : Merci à Christian. Et je suis content.

 

Tous ensemble : Ardennes j’y crois.

 

LOST SPHERE PROJECT sur le web : www.rootscore.org/lsp . Pour les dernières news sur les projets du groupe, et plein de photos live qui vous feront comprendre pourquoi!

Par Yperitt zine - Publié dans : Interviews
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